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Salon du meuble de Milan, 2011

Le Bouddha allongé du fabricant de chaussures de santé „MBT“ symbolise ce que présente le salon du meuble de Milan cette année : le monde du design a trouvé la sérénité. Les couleurs terre, les matériaux naturels, l'artisanat traditionnel et les meubles en matières recyclées prédominent. La beauté durable est à la mode. Les grandes mises en scènes qui avaient fasciné les visiteurs les années précédentes étaient cette fois-ci plus rares. Les présentations de produits plutôt sobres invitaient bien plus à laisser libre cours aux pensées.

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Le salon international du meuble de Milan célébra cette année sa 50ème édition et une fois de plus, une ambiance effrénée régnait dans la capitale lombarde : au cours des six jours, le parc d'exposition de Rho accueillit 321 000 amateurs de design du monde entier. La liste des exposants est un véritable "Who's who" de la branche : tous les grands noms étaient présents : Artemide, Cassina, B&B Italia, Moroso et Zanotta. Le directeur du salon Carlo Gugliemi fit un résumé positif tout en avertissant qu'il ne fallait pas s'endormir sur les lauriers. "La nécessité de poursuivre des objectifs de qualité élevés reste un challenge décisif, autant pour les entreprises que pour le salon qui souligne cette exigence par une sélection minutieuse des exposants.“Même si le programme cadre resta moins exubérant que les années passées, l'atmosphère de fête populaire se poursuivit jusqu'à des heures avancées. Expositions et fêtes dans toutes les rues et ruelles, toute la ville semblait s'être subitement donné rendez-vous. Cependant les amateurs de design ne se rendent pas à Milan pour la dolce vita. Il s'agit plus de collecter des inspirations, de ressentir l'approche du design intérieur en 2011 et de détecter des tendances et courants dans la masse de l'offre. Quel est le rôle du design aujourd'hui ?

La démocratisation du design

L'exigence de beauté esthétique en plus de l'aspect fonctionnel est de plus en plus naturelle et décisive pour un nombre croissant de consommateurs, on peut presque déjà parler de démocratisation du design. Ce salon montre qu'en termes de design, tout est possible, mais la tendance générale, même dans les styles établis, est à la décontraction et à la sobriété sans aucune opulence, une sorte d'understatement également perceptible dans le monde de la mode.

Les couleurs terre restent

Un tour du salon révèle que la préférence pour les teintes chaudes, "terre", presque conviviales telles que pierre, sable, boue ou mocca, brun et gris dans toutes les nuances, persiste. Peu de contrastes marquants, au plus des notes de couleurs décentes, souvent bleues ou violettes, par exemple pour le revêtement intérieur d'étagères murales. Quelques stylistes se démarquent par des accents fluos ou des notes folkloriques. Il est également possible de reconnaître des inspirations du Bauhaus dans des lignes claires aux couleurs fortes et profondes telles que jaune, rouge et bleu. Un superbe exemple en est une commode de Porro dans un rouge intense dont la répartition rappelle la géométrie de Mondrian.

Du neuf dans de l'ancien, le recyclage sous un jour nouveau

Les objets d'ameublement fabriqués à partir de matériaux recyclés tels que le bois récupéré, les vêtements usagés, les bouts de papier ou les bouteilles en plastique sont devenus une véritable tendance. Par exemple la table Mill d'Ayush Kasliwal et Thomas Lykke. Au cours d'un voyage en Inde, les deux stylistes ont découvert quelques piles de teck provenant de bâtiments démolis. Le matériau leur a tellement plu qu'ils ont utilisé pour un plateau de table. Les superbes essences usinées en Inde au cours des décennies et siècles passés, s'associent dans un mélange enjoué de teck, palissandre, acacia, mangue et tamarinde. Les pieds sont aussi un déchet à l'origine : il s'agit d'aluminium recyclé coulé dans une nouvelle forme. Cette table montre fièrement sa construction : les assemblages à tenon entre les pieds et le plateau de table sont apparents.Plus extravagant, un fauteuil de Controprogetto présenté sur une exposition collective et assemblé à partir de restes de bois tels que petites lames, plinthes et panneaux. Le styliste de Kassel Tobias Juretzek a conçu une chaise baptisée Rememberme Chair avec des morceaux de vêtements usagés et collés avec une sorte de mortier. L'objectif est de redonner ainsi une nouvelle vie aux habits oubliés dans les armoires ou les vieilles malles. La valorisation des objets anciens et usés se reconnaît dans la réutilisation du matériau et dans sa transposition dans un contexte différent.

Arts & Craft

Outre le recyclage, un ancien courant réapparaît : „Arts & Crafts Movement“, initié vers la moitié du 19ème siècle en Angleterre et qui déclencha un retour des qualités de l'artisanat. Les signes distinctifs de ce mouvement qui sont la simplicité, l'usinage conforme au matériau et la valorisation du savoir-faire artisanal traditionnel, étaient visibles sur de nombreux stands du salon.

À l'étage de la Triennale de Milan, le designer taïwanais Yu-Jui Chou présenta son „Bubble Sofa“ : composé de 999 boules tressées à partir de fines bandes de bambou, il offre une approche inhabituelle des méthodes de production traditionnelles. Ces boules de bambou sont réputées en tant que souvenir touristique typique de Taiwan. Elles sont assemblées pour former un meuble de plein air qui se passe de tout autre rembourrage ou amortissement.La tendance actuelle du "tricoté maison" se retrouve dans le fauteuil „Biknit“, conçu par Patricia Urquiola pour Moroso. Sa surface se compose d'un tricot aux mailles tubulaires surdimensionnées. Les mailles sont montées sur une structure contrastée de bois et d'acier. Sur l'exposition collective de design international, un fauteuil évoque un tapis rapiécé avec son assise composée de cordons bariolés.

Le fauteuil signé par les frères brésiliens Humberto et Fernando Campana pour Edra engendre une impression archaïque avec son revêtement en peau plissé et surdimensionné. Un canapé de Meritalia déclenche immédiatement la sympathie avec ses dossiers colorés en forme de bonnet qui invitent à s'y blottir et à décompresser.

Projets expérimentaux avec des matières premières renouvelable

Le thème des "meubles verts" occupait plutôt l'arrière-plan du salon. On avait pratiquement l'impression que pour de nombreux fabricants, il est parfaitement naturel de travailler avec des matières précieuses répondant naturellement aux critères écologiques. En effet, une simple chaise en bois ou un fauteuil en osier tressé ont toujours été proches de la nature sans pour autant servir une quelconque idéologie ou rayonner d'une atmosphère écologique. Le professeur de design allemand Werner Aisslinger expérimente avec une matière première particulière, rapidement renouvelable : sa chaise „Hemp Chair“ est fabriquée à base de chanvre et de kenaf de la famille des malvacées, dont les fibres sont collées sous pression avec une colle écologique. Ce matériau est déjà utilisé depuis quelque temps pour l'habillage intérieur de véhicules et fait à présent son entrée dans l'industrie du meuble.

Le Salone del Mobile 2011 n'a pas cherché les sensations. La valorisation du matériau et de l'artisanat était palpable un peu partout. Les nombreux produits connus instauraient une bienfaisante constance, source d'orientation et de sécurité. À côté, une diversité variée qui réunit des apparentes contradictions en assemblant harmonieusement l'élégance et le recyclage, la perfection et l'imparfait, le bois et le métal.

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